
Un militan Haïtien à Paris
Biographie d'un militant contre l'injustice.
M. A. E a toujours milité contre l’injustice présente dans son île.
Cela lui a d'ailleurs valu plusieurs années d'incarcération dans d’atroces conditions.
À sa sortie de prison, afin de sauver sa vie, il a dû émigrer en France où il a construit une nouvelle vie jalonnée de hauts et de bas.
Il laisse aujourd’hui à ses enfants et petits-enfants, un témoignage très émouvant.
Extrait de la Biographie
Quelques jours plus tard, j’ai été transféré, en secret, dans une ancienne caserne coloniale, transformée en établissement carcéral. Ils avaient réservé un quartier spécial pour les prisonniers politiques tels que moi. Nous étions 18.
Nos conditions de vie étaient extrêmes. Nous n’avions droit à aucune visite. Le geôlier de la prison représentait notre seul contact avec le monde extérieur. Nous n’avions que 10 minutes par jour pour aller aux toilettes et nous débarbouiller. Nous ne mangions qu’une fois par jour, à l’heure du déjeuner, car le budget alloué aux repas des prisonniers était dilapidé.
Le pillage des fonds commençait au grand quartier général, puis le Responsable du mess et le geôlier puisaient dans le solde. C’est pourquoi le repas était constitué uniquement de maïs moulu, plus connu sous le nom de polenta, auquel ils ajoutaient de la paille et des clous afin d’obtenir un volume suffisant de nourriture pour l’ensemble des prisonniers.
Plusieurs détenus n’ont pas survécu à ce mode de vie. Le moral des détenus isolés était totalement a faibli. Se retrouver seul était la punition extrême. En ce qui me concerne, nous étions trois prisonniers dans le même cachot.
Des détenus ont contracté des maladies, surtout d’ordre intestinal : gastrite, diarrhées, etc. Certains se sont rétablis, d’autres sont décédés. L’un d’entre nous était atteint de la tuberculose. Il en est mort. Des prisonniers ont péri de malnutrition.

